Le relief des Alpes-Maritimes ne se contente pas de composer des panoramas. Il détermine où l’on peut construire, circuler, cultiver et travailler. Sa lecture explique l’organisation du département mieux que n’importe quelle autre entrée.
Le gradient est continu. La Méditerranée bute sur un littoral étroit où l’urbanisation s’est déployée sans discontinuité. Derrière, les collines s’élèvent rapidement, portant les villages perchés et les cultures de moyen pays.
Les vallées s’enfoncent ensuite vers le nord, chacune avec son identité : Var, Cians, Tinée, Vésubie, Roya, Bévéra. Elles conduisent au haut pays, dominé par le massif du Mercantour. Cette compression rend le département singulier. Ailleurs, un tel étagement s’étale sur plusieurs centaines de kilomètres. Ici, il tient dans une distance que l’on parcourt en une matinée.
Cette organisation verticale a des effets très concrets. Elle explique la concentration du bâti, le tracé unique des infrastructures, la spécialisation agricole du moyen pays et l’isolement des vallées. Le relief n’est pas ici un décor : c’est la contrainte première à partir de laquelle tout s’est organisé.