Cartographier les acteurs du territoire
Acteurs stratégiques à la une
chambre agriculture 83
château Minuty
Syndicat AOC Bandol
Domaine de La Bégude
SICA MAF
civp, vins de provence
ATE propose une lecture vivante des interactions entre acteurs, lieux, initiatives et transformations contemporaines.
Suivre les évolutions locales, repérer les signaux émergents et révéler les nouvelles dynamiques d’un territoire en mouvement permanent.
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Transitions économiques, filières émergentes, recompositions locales, innovations et mutations structurelles décryptées en profondeur.
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Projets, événements, initiatives et mouvements d’acteurs alimentent en continu la vie locale et les interactions concrètes au cœur du territoire.
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Explorer les liens entre institutions, entreprises, initiatives et réseaux qui structurent les équilibres territoriaux et leurs coopérations émergentes.
L’agriculture varoise repose sur une mosaïque de filières, de terroirs et de savoir-faire. Du littoral aux plateaux du Haut-Var, des plaines maraîchères aux coteaux viticoles, elle compose avec des sols, des climats et des paysages contrastés qui donnent au territoire une identité productive multiple.
La vigne occupe une place majeure, mais elle ne résume pas toute l’agriculture du département. Oléiculture, maraîchage, horticulture, arboriculture, plantes aromatiques, élevage caprin et ovin participent aussi à la richesse agricole varoise et à l’équilibre des bassins ruraux. Cette diversité constitue une force face aux évolutions climatiques, aux tensions foncières et aux mutations des marchés. Elle permet de maintenir des productions locales, des paysages ouverts et des savoir-faire qui relient agriculture, alimentation et cadre de vie.
L’enjeu est désormais de préserver cette mosaïque tout en préparant son renouvellement : transmission des exploitations, installation des jeunes agriculteurs, accès au foncier, accompagnement technique et structuration collective.
L’agriculture varoise repose sur une mosaïque de terroirs aux contrastes marqués. Plaines maraîchères du littoral, coteaux viticoles du centre-Var, plateaux et vallons de l’arrière-pays composent des paysages agricoles diversifiés.
Le département compte environ 4 400 exploitations agricoles. Celles-ci n’occupent qu’environ 18 % de la surface varoise, tandis que les espaces forestiers couvrent près de 65 % du département, créant une forte contrainte foncière.
La viticulture demeure dominante, mais l’oléiculture, le maraîchage, l’horticulture, l’arboriculture ainsi que l’élevage caprin et ovin participent également à l’identité agricole locale. Le Var reste le premier producteur français de vin rosé, de fleurs coupées et de feuillages, faisant de l’agriculture un pilier économique et paysager du territoire méditerranéen.
Source : Portrait Agriculture Var 2024 · Préfecture du Var
Le renouvellement des générations agricoles constitue l’un des principaux enjeux de l’agriculture varoise. Comme dans l’ensemble du Sud-Est, le nombre d’exploitations a diminué sous l’effet des départs à la retraite et des difficultés de reprise.
La pression foncière accentue cette tendance. Dans de nombreux secteurs, le prix des terres agricoles reste élevé en raison de la concurrence entre usages agricoles, résidentiels et touristiques. Cette situation complique l’installation de nouveaux exploitants.
La Chambre d’Agriculture du Var, la Safer PACA et les organisations professionnelles accompagnent les projets de transmission et d’installation afin de favoriser le renouvellement des exploitations et de préserver durablement les capacités de production locales.
Source : Recensement Agricole 2020 · Agreste PACA
L’agriculture varoise s’appuie sur un réseau d’organisations qui accompagnent, représentent et défendent les exploitants. La Chambre d’Agriculture du Var, implantée à Vidauban, Hyères et Brignoles, joue un rôle central dans le conseil, la formation, l’installation et la transmission.
Autour d’elle, coopératives, syndicats agricoles, organismes de filière, Safer PACA et MSA contribuent à structurer l’activité agricole. Ensemble, ils accompagnent les producteurs et participent à l’évolution des pratiques et des productions.
Ce maillage favorise le dialogue entre agriculteurs, collectivités et partenaires publics. Il contribue à renforcer la cohésion du monde agricole et à accompagner ses principales évolutions. Il facilite également les échanges entre professionnels.
Source : Chambre d’Agriculture 83 / Safer PACA / DRAAF PACA
La viticulture est l’âme de l’agriculture varoise. Le Var concentre l’essentiel du vignoble de Provence et produit la majorité du rosé français reconnu sur les marchés internationaux. L’AOP Côtes de Provence s’étend sur 20 000 hectares répartis sur plus de 100 communes et produit 116 millions de bouteilles par an, dont 92 % de rosés.
Dans le Var, cette filière ne relève pas seulement du patrimoine. Elle organise un écosystème complet : domaines, caves coopératives, syndicats d’appellation, œnotourisme, export, emplois agricoles, savoir-faire techniques et valorisation des paysages. Cette dynamique s’appuie sur des appellations fortes, Côtes de Provence, Bandol, Coteaux-varois-en-Provence, mais aussi sur une capacité d’adaptation croissante. Changement climatique, évolution des cépages, gestion de l’eau, pratiques bio ou HVE imposent à la filière de conjuguer excellence, résilience et innovation.
Le Var ne peut pas seulement capitaliser sur le succès mondial du rosé. Il doit préserver ses terroirs, accompagner ses vignerons et maintenir l’équilibre entre rayonnement commercial, qualité agricole et identité territoriale.
L’AOP Côtes de Provence constitue l’une des grandes signatures viticoles du territoire. Très présente dans le Var, elle associe des terroirs variés, une spécialisation rosé affirmée et une notoriété qui dépasse largement le marché régional.
Cette appellation structure un écosystème complet : domaines indépendants, caves coopératives, syndicats d’appellation, œnotourisme, export, emplois saisonniers et valorisation des paysages. Elle donne au vignoble varois une visibilité économique et culturelle, tout en imposant des exigences fortes de qualité, d’adaptation climatique et de préservation des terroirs.
Son rayonnement fait de la viticulture provençale un marqueur territorial puissant, agricole, paysager, commercial et identitaire.
Source : CIVP / Syndicat Côtes de Provence
La viticulture varoise ne se résume pas au rosé. Bandol, les Coteaux-varois-en-Provence et les dénominations géographiques de l’AOP Côtes de Provence composent une mosaïque de terroirs aux identités très marquées.
Bandol incarne une viticulture de prestige, reconnue pour ses rouges de garde à base de Mourvèdre, son ancrage méditerranéen et ses paysages de coteaux tournés vers la mer. Les Coteaux-varois-en-Provence, autour du bassin de Brignoles, apportent une autre lecture du vignoble, plus intérieure, plus fraîche, plus liée aux reliefs et aux amplitudes climatiques.
Ces appellations renforcent la profondeur qualitative du vignoble varois et montrent que la viticulture du département repose autant sur la diversité que sur la notoriété.
Source : INAO / CIVP
Le rosé de Provence est devenu l’un des marqueurs internationaux de l’art de vivre méditerranéen. Porté par la qualité des domaines, la puissance des appellations, l’évolution des goûts et la demande mondiale, il donne au Var une visibilité économique et culturelle singulière.
Ce rayonnement dépasse la seule bouteille. Il associe paysages viticoles, tourisme, export, image de marque, restauration et attractivité résidentielle. Le rosé agit comme une porte d’entrée vers les domaines, les villages et les savoir-faire provençaux.
Cette réussite implique aussi des responsabilités : préserver les terroirs, adapter les pratiques au climat et maintenir l’équilibre entre succès commercial, identité agricole et qualité paysagère.
Source : CIVP / Douanes 2024
Les circuits courts traduisent une évolution profonde du rapport entre agriculture, alimentation et territoire. Dans le Var, ils s’appuient sur une production diversifiée, une forte culture des marchés provençaux, une population attentive à la qualité alimentaire et une attractivité touristique qui valorise les produits locaux.
Cette dynamique ne se limite pas à la vente directe. Elle associe marchés de producteurs, AMAP, boutiques à la ferme, paniers locaux, plateformes d’approvisionnement, restauration collective et initiatives portées par les collectivités. Elle rapproche les producteurs des habitants, mais aussi des écoles, des EHPAD, des hôpitaux et des restaurants.
Les Programmes Alimentaires Territoriaux et la loi EGAlim renforcent cette logique en encourageant l’approvisionnement durable et local dans la restauration collective. Pour le Var, l’enjeu est de transformer cette demande en débouchés solides pour les producteurs.
Les circuits courts deviennent ainsi un levier de souveraineté alimentaire locale, de qualité de vie et de reconnaissance des agricultures de proximité.
La vente directe occupe une place importante dans l’agriculture varoise. Marchés de producteurs, AMAP, paniers de légumes, boutiques à la ferme, stands saisonniers et réseaux comme Bienvenue à la Ferme permettent aux exploitants de mieux valoriser leur production.
Cette relation courte crée un lien plus visible entre producteurs et consommateurs. Elle favorise la traçabilité, soutient les petites exploitations et permet aux habitants comme aux visiteurs de retrouver une alimentation ancrée dans les terroirs locaux.
Dans un département touristique, elle participe aussi à l’image d’un Var agricole vivant, capable de proposer autre chose qu’un simple décor provençal : une économie de proximité, productive et incarnée.
Source : Chambre d’Agriculture du Var
La restauration collective représente un débouché stratégique pour les producteurs locaux. Cantines scolaires, collèges, lycées, hôpitaux, EHPAD et restaurants administratifs peuvent contribuer à structurer une demande régulière en produits agricoles varois.
La loi EGAlim impose aux restaurants collectifs publics une part significative de produits durables et de qualité, ce qui ouvre une opportunité pour les filières locales. Mais cette dynamique suppose une organisation solide : volumes disponibles, logistique, transformation, contractualisation, saisonnalité et adaptation des menus.
Pour le Var, l’enjeu n’est pas seulement d’acheter local, mais de construire des passerelles durables entre producteurs, collectivités et cuisines collectives.
Source : Ministère de l’Agriculture / ma-cantine
Les Programmes Alimentaires Territoriaux permettent aux collectivités de structurer une stratégie alimentaire locale. Ils relient production agricole, restauration collective, santé, éducation alimentaire, lutte contre le gaspillage et accès à une alimentation de qualité.
Dans le Var, ces démarches peuvent jouer un rôle d’articulation entre communes, intercommunalités, producteurs, chambres consulaires, associations et acteurs sociaux. Elles donnent une dimension territoriale à l’alimentation : où produire, comment approvisionner, quels publics toucher, quels circuits organiser.
Les PAT ne sont donc pas seulement des dispositifs administratifs ; ils peuvent devenir des outils de coopération entre agriculture, politiques publiques et besoins quotidiens des habitants.
Source : Ministère de l’Agriculture / RnPAT
L’agri-innovation traduit la capacité de l’agriculture varoise à se transformer sans rompre avec ses terroirs. Dans un territoire méditerranéen exposé à la chaleur, aux sécheresses, aux tensions sur l’eau et à l’évolution des marchés, l’innovation devient un levier de résilience autant qu’un facteur de compétitivité.
Cette dynamique concerne d’abord les pratiques agricoles : réduction des intrants, agriculture biologique, certifications environnementales, amélioration de la gestion de l’eau, protection des sols et adaptation des itinéraires techniques. Elle touche aussi les filières emblématiques, en particulier la viticulture, confrontée à la nécessité de préserver la qualité tout en anticipant le climat de demain.
Capteurs, drones, irrigation de précision, outils numériques et nouveaux cépages ne remplacent pas les savoir-faire agricoles. Ils les prolongent, les sécurisent et les rendent plus lisibles face aux contraintes nouvelles.
L’enjeu pour le Var est de faire de cette innovation une transition utile : moins technologique pour elle-même que réellement ancrée dans les exploitations, les paysages et les besoins alimentaires du territoire.
La progression des démarches biologiques et environnementales transforme progressivement l’agriculture varoise. Dans la viticulture, les certifications bio et HVE occupent déjà une place importante, portées par les attentes des consommateurs, la valorisation des terroirs et la nécessité de réduire les intrants.
Cette dynamique concerne aussi le maraîchage, l’arboriculture, l’oléiculture et certaines formes d’élevage. Elle ne relève pas seulement d’un label : elle modifie les pratiques, les calendriers de production, les équilibres économiques et la relation avec les marchés. Pour le Var, l’enjeu est de soutenir cette transition sans fragiliser les exploitations, en associant exigence environnementale, viabilité économique et qualité des productions locales.
Source : Syndicat Côtes de Provence / CIVP
L’adaptation du vignoble au changement climatique passe aussi par l’évolution du matériel végétal. Les variétés d’intérêt à fin d’adaptation, ou VIFA, permettent d’expérimenter des cépages plus résistants à la chaleur, à la sécheresse et aux nouvelles contraintes sanitaires.
Dans les AOP de Provence, leur introduction progressive dans les cahiers des charges traduit une mutation importante : préserver l’identité des vins tout en préparant les conditions climatiques futures. Cette démarche associe recherche, syndicats d’appellation, vignerons et organismes techniques. Elle montre que l’innovation viticole ne consiste pas à effacer le terroir, mais à lui donner les moyens de durer dans un environnement plus instable.
Source : INAO / Syndicat Côtes de Provence
Les technologies agricoles progressent dans les exploitations varoises, en particulier dans la viticulture, le maraîchage et les cultures nécessitant une gestion fine de l’eau. Capteurs d’humidité, stations météo connectées, irrigation de précision, drones d’observation et logiciels de suivi permettent de mieux piloter les pratiques.
Ces outils ne remplacent pas l’expérience de l’agriculteur ; ils l’aident à décider plus vite, plus finement et avec moins de gaspillage. Dans un contexte de sécheresses répétées et de coûts croissants, ils peuvent contribuer à réduire les consommations d’eau, limiter les intrants et sécuriser les rendements. L’enjeu est d’en faire des solutions accessibles, utiles et adaptées aux réalités des exploitations locales.
Source : Chambre d’Agriculture du Var
Les ressources agricoles du Var ne se résument pas aux productions visibles. Elles reposent sur un socle territorial plus discret : l’eau, les sols, le foncier, les paysages, les forêts et les équilibres entre espaces cultivés, espaces naturels et zones urbanisées.
Dans un département méditerranéen fortement contraint par la chaleur, la sécheresse, les risques d’incendie et la pression foncière, ces ressources deviennent stratégiques. L’agriculture varoise doit produire, mais aussi préserver : maintenir des sols vivants, sécuriser l’accès à l’eau, limiter l’artificialisation et conserver les continuités paysagères qui font l’identité du territoire.
Cette question dépasse les seules exploitations. Elle concerne les collectivités, les chambres consulaires, les syndicats d’eau, les propriétaires fonciers, les filières forestières, les communes rurales et les acteurs de l’aménagement. Les ressources agricoles constituent donc une infrastructure invisible du territoire. Sans elles, il n’y a ni souveraineté alimentaire locale, ni viticulture durable, ni paysages ouverts, ni ruralité vivante.
L’eau est devenue l’une des ressources les plus sensibles de l’agriculture varoise. Dans un contexte méditerranéen marqué par les sécheresses, la baisse des débits et les restrictions d’usage, l’irrigation n’est plus seulement une question technique : elle devient un enjeu d’aménagement et de maintien des productions.
Viticulture, maraîchage, horticulture, arboriculture et élevage ne sont pas exposés de la même manière, mais tous dépendent d’une gestion plus fine de la ressource. Réseaux collectifs, économies d’eau, goutte-à-goutte, capteurs et adaptation des cultures composent désormais un nouvel horizon agricole : produire mieux, avec moins d’eau disponible.
Source : Département du Var – Var Eau 2050
Le sol agricole est une ressource rare dans le Var. Entre massifs forestiers, littoral urbanisé, reliefs, zones naturelles protégées et pression résidentielle, les espaces cultivables représentent une part limitée du territoire. Leur préservation conditionne l’avenir des filières agricoles, des circuits courts et de l’installation de nouveaux exploitants.
La question foncière touche aussi la qualité des sols, leur accessibilité, leur morcellement, leur transmission et leur capacité à rester productifs face au changement climatique. Préserver le foncier agricole, c’est protéger une infrastructure de long terme : un capital vivant, économique, paysager et alimentaire.
Source : Préfecture du Var
La forêt occupe une place majeure dans l’équilibre territorial du Var. Elle structure les paysages, protège certains milieux, mais accentue aussi les enjeux d’interface entre agriculture, habitat, biodiversité et risque incendie. Dans de nombreuses communes rurales, l’agriculture joue un rôle d’ouverture des paysages face à l’enfrichement et au recul des terres entretenues.
Ces interfaces deviennent stratégiques dans un territoire exposé aux incendies et aux tensions climatiques. Le maintien de cultures, de vignes, de pâturages ou d’oliveraies peut organiser des respirations dans les massifs, entretenir des paysages habités, soutenir l’activité locale et renforcer la résilience des espaces ruraux.
Source : Préfecture du Var
Les ruralités varoises ne forment pas un arrière-plan figé du territoire. Elles constituent une mosaïque vivante de villages, de vallées, de plateaux, de domaines agricoles, de forêts, de marchés locaux et de paysages cultivés. Entre Provence Verte, Haut-Var, Dracénie, massif des Maures et arrière-pays littoral, elles donnent au département une profondeur que le seul tropisme côtier ne suffit pas à raconter.
Ces espaces portent une partie essentielle de l’identité varoise. Ils accueillent des exploitations agricoles, des caves coopératives, des producteurs, des artisans, des commerces de proximité, des résidences permanentes et saisonnières, mais aussi des tensions : foncier, mobilités, accès aux services, renouvellement des générations et pression résidentielle.
La ruralité n’est donc pas seulement une question agricole. Elle engage l’organisation du territoire, la qualité de vie, la transmission des savoir-faire et la capacité des communes à rester habitées, productives et reliées.
L’enjeu est de préserver une ruralité active, capable d’articuler production locale, paysages ouverts, services de proximité et attractivité maîtrisée.
Les paysages agricoles varois ne sont pas de simples décors. Vignes, oliveraies, restanques, prairies, vergers, hameaux et villages composent une géographie vivante, façonnée par des générations de pratiques rurales. Ces paysages racontent à la fois la production, l’habitat, les saisons, les savoir-faire et l’identité méditerranéenne du territoire.
Lorsqu’une exploitation disparaît, ce n’est pas seulement une activité économique qui s’efface. Les terres se ferment, les friches progressent, les interfaces forestières avancent et le paysage perd une partie de sa lisibilité. Préserver les paysages agricoles, c’est donc maintenir une présence humaine active, productive et territoriale.
Source : INSEE COG 2024
L’élevage varois reste discret, mais il joue un rôle territorial essentiel. Pastoralisme, ovins, caprins et petites unités d’élevage contribuent à maintenir des espaces ouverts, à limiter l’enfrichement et à préserver des équilibres entre agriculture, forêt et biodiversité. Dans un département fortement boisé, cette fonction devient stratégique.
Ces pratiques participent aussi à la prévention des risques, notamment dans les zones exposées aux incendies. En entretenant les paysages et les interfaces rurales, elles complètent le rôle des vignes, des oliveraies et des cultures pérennes. L’élevage n’est donc pas seulement une production : c’est un outil d’équilibre du département du Var.
750 000 ovins en PACA — Agreste · SAA 2023
Les ruralités varoises évoluent sous l’effet de nouveaux usages. Résidences principales et secondaires, télétravail, tourisme vert, circuits courts, marchés locaux, artisanat, reconversions agricoles et recherche d’un cadre de vie plus apaisé redessinent progressivement les équilibres des villages et de l’arrière-pays.
Cette attractivité peut soutenir les commerces, les services et les initiatives locales, mais elle peut aussi accentuer les tensions foncières, les déplacements quotidiens et la transformation des villages en espaces résidentiels. L’enjeu est de maintenir une ruralité active, habitée toute l’année, reliée aux bassins de vie et capable d’associer production agricole, services de proximité et qualité paysagère.
INSEE Analyses 2021
Exploitations agricoles, filières alimentaires, organismes professionnels, structures d’accompagnement et acteurs publics qui contribuent à la production, à la transformation et à la valorisation agricole du Var.
L’agriculture comme identité et comme défi
Le Var est l’un des rares territoires français où l’agriculture n’est pas seulement une activité économique. Elle constitue une composante profonde de l’identité territoriale. Le vignoble des Côtes de Provence, les oliveraies de l’arrière-pays, les cultures maraîchères des plaines littorales et les élevages du Haut-Var façonnent des paysages, des savoir-faire et des filières reconnus bien au-delà du département.
Mais cette agriculture affronte des tensions structurelles : changement climatique, sécheresses, accès à l’eau, pression foncière, transmission des exploitations et renouvellement des générations. Les réponses existent déjà : cépages adaptés, agriculture biologique, circuits courts, irrigation de précision, pratiques agroécologiques.
L’enjeu est désormais de coordonner ces transformations entre exploitants, collectivités, chambres consulaires, syndicats d’appellation, organismes techniques et acteurs de la recherche. Préserver les sols, sécuriser l’eau, maintenir les paysages ouverts et reconnecter production locale et alimentation devient une stratégie territoriale.
Cette vigilance conditionne l’avenir : celui d’une agriculture qui reste un pilier vivant de l’économie, de l’identité et de la résilience varoise.